Mohand Agharmiw, dit Agharmiw Mohand-Akli, biographie
Mohand Agharmiw est né le 28 octobre 1961 au village d'Ait-brahem, village regroupant plusieurs hameaux dont celui qui porte son nom - AGHARMIW -, de la commune d'Ait-Aissa-Mimoun daira de Ouaguenoun. Après des études primaires à l'école de Tala-ililane et secondaires au CEM de Tigzirt/mer, il obtint son baccalauréat au Lycée Amirouche de Tizi-Ouzou. Il eut son diplôme d'informaticien en octobre 1984 au C.E.R.I, actuel INI de Oued-Smar, Alger.
Très jeune, il s'intéressa à la musique et à la chanson, en général. Et comme la plupart de ses congénères, cette passion l'obligea à se confectionner une guitare avec un bidon d'huile vide et une planche rudimentaire. La rareté des loisirs aidant, il ne se passa pas un jour ou il n'y eut pas une fiesta en compagnie des jeunes de son quartier, qui jouaient tous d'un instrument. Et bien sûr que ce genre d'amusement se passait loin des parents qui le voyaient alors comme une atteinte à la morale publique !
Le manque de moyens et la sévérité du paternel obligèrent Mohand à patienter encore longtemps afin de pouvoir s'offrir une guitare; une vraie ! Et c'est un mandole qu'il eut une décade plus tard ! Quel bonheur ! un Mandole ...
Il était encore au lycée quand il commença à écrire et composer. Il se cachait lorsqu'il faisait écouter ses chansons à ses camarades de classes tellement il ne croyait pas si bien faire !
Il a su concilier ses études, si chères à ses parents, et cette passion qui ne cessait de le ronger. Et c'est à Oued-Smar - avec sa décharge - qu'il a réalisé la plupart de ses chansons, voir les meilleures, qui traitent, essentiellement, de l'identité, l'union et, bien sûr, l'amour. Il n'avait que vingt ans ! D'autres thèmes seront développés quelques années plus tard.
La rencontre avec un enseignant de cet établissement lui sera d'un grand apport du fait qu'il le présenta à des professionnels du métier, au niveau de la chaine 2 de la radio nationale algérienne, qui l'ont encouragé à continuer dans cette voix. C'est ainsi qu'il enregistra ses premières chansons en Décembre 1984 et qui sont diffusées dés janvier 1985 sur les ondes de cette même chaine. Et la toute première fût Ay Adrar ihin, qui eut un succès immédiat, avec N'ggul et Temzzi.
Après ses études universitaires, Mohand, travailla quelques mois dans une société nationale à Rouiba, prés d'Alger, pour aider son père à construire une habitation, avant qu'il ne soit appelé sous les drapeaux pour 02 longues années.
Ce n'est qu'après cette période qu'il a pu, enfin, reprendre le chemin des studios. Il enregistra alors un album de 08 titres qu'il mit sur le marché en 1990. Vu la qualité médiocre de l'enregistrement et celle de la duplication, encore plus médiocre, la cassette passa presque inaperçue sur le plan commercial mais les chansons passaient régulièrement sur les ondes de la chaine 2.
Cette situation ne découragera pas Mohand qui continuait à écrire, composer et animer des fêtes un peu partout, mais ne pouvait se consacrer complètement à sa passion au sens ou il se devait d'aider son père pour subvenir au besoin de la famille. Mohand est garçon unique. Son travail d'informaticien-développeur, qui n'est pas moins créatif que la chanson, lui prenait beaucoup de temps. C'était un choix très difficile, mais il fallait bien vivre. Dans son pays, l'Algérie, l'art ne nourrit pas son homme, et Mohand n'est qu'un exemple parmi tant d'autres.
Bon an mal an, Mohand continua son petit bonhomme de chemin jusqu'en 1995 ou il enregistra et mit sur le marché un autre album de 06 titres dans une période aussi chaotique qu'ensanglantée !
En 1996 il perdit son père avant de s'envoler, quelques années plus tard pour le Canada, ou il passa 02 années. C'était en 1998. Dans ce pays froid et lointain, ou la rigueur dans le travail prime sur tout, Mohand ne cessa pas de s'adonner à sa passion. Ainsi, avec un orchestre, composé juste de percussionnistes, il anima au théâtre de verdure en plein air un gala organisé par l'association 'Vues d'Afriques' de Montréal.
il participa à toutes les rencontres communautaires, dont celles de Yennayer et de la commémoration du 20 Avril, qui se tenaient aussi bien à Montréal qu'aux USA (New-York et Boston avec ACAA (Amazigh Cultural Association in America).
Pour des raisons strictement socio-familiales, Mohand quitta le Canada en 2000 pour rentrer définitivement au pays. Beaucoup de ses proches lui reprochèrent ce geste qui, pour lui, était mûrement réfléchi et irréversible. La stabilité morale n'a pas de prix !
A sa rentrée, Mohand erra quelques temps avant de voir plus clair. Ce n'était pas facile de reprendre au pays ou tout allait, presque, de travers. Heureusement que son exil était bref sinon il aurait été carrément impossible de reprendre. A ceci s'ajoutèrent quelques soucis personnels, qui n'étaient pas des moindres, ce qui exacerba encore cette tempête à laquelle il faisait face.
Mais la force de son caractère et de sa personnalité ne le trahit pas et l'aida, peu de temps après, à sortir de cette torpeur, qui fait, désormais, partie du passé. C'est ainsi qu'en 2003, Mohand nous gratifia d'un album, de 06 titres, intitulé Tughaline, superbement arrangés, qui, sans la paresse de son éditeur (IZEM), qui l'a mal distribué, aurait certainement donné les résultats escomptés.
Dans cet album, Mohand a fait un brassage de thèmes dont l'identité avec Tughaline et Ur-d-lulledh, l'union avec Akal-nnegh et Gma et, bien sûr l'amour avec Terwet lehna et Gumegh akem tsugh. Cette dérnière a fait l'objet d'un clip diffusé sur BRTV, BEURTV et sur internet à l'adresse : http://www.videosear.ch/watch/1252961864/mohand-agharmiw/.
Il a été l'invité de plusieurs émissions de la chaine 2, entre autres Mailka, Rachid Merzouk, Samira, Kahina, etc...
Il se paya même le luxe d'être l'invité de Cherif Mammeri dans l' émission 'Tamurt negh' d'une heure diffusée par l'ENTV en Janvier 2004 !
Actuellement, sur le plan professionnel, Mohand, gagne sa vie en gérant un bureau d'informatique, qu'il a ouvert en 2005, ou il développe, lui-même, des logiciels informatiques de gestion. Sa clientèle se constitue des établissements scolaires, CEM et Lycées, de la wilaya, des commerçants de divers horizons, EDIMCO et de l'université Mouloud Mammeri, pour laquelle il a développé le logiciel de scolarité, pour la quasi-totalité des facultés ainsi que d'autres logiciels ayant trait à la gestion.
Sur le plan artistique, Mohand est dans l'expectative ! Il est outré par ces chanteurs qui ne font que de la reprise ! Oû est la création alors ??? Rendre hommage à son artiste préféré, reprendre une chanson qu'on apprécie ne fait pas de mal, au contraire ! Mais prendre cette habitude de glaner une chanson par là, une autre par ci et en faire un album dépasse tout entendement !
Cet état de fait le mena à répondre à une animatrice de la radio qui lui posa cette question : Que penses-tu du cheminement de la chanson kabyle des années 1970 à nos jours (2007) ??
'Je penses que la chanson kabyle actuelle, dans sa majorité, aurait due être celle des années 1940 pour aboutir à celle des années 1970 !' asséna t-il.
Il dira que la Kabylie pullulent de bons paroliers et de bons compositeurs. Il suffit juste de leur faire appel et respecter ce qu'ils font !
Aujourd'hui, Mohand dispose d'un produit audio et une K7 vidéo, il attend juste le moment propice pour leur diffusion.
Bon courage l'artiste.
Les photos et les vidéos sont des œuvres de leurs propriétaires respectifs.

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