Fatima Cherfa-Turpin, Chercheuse en anthropologie du droit

par Oumlil blog  -  30 Novembre 2014, 18:02  -  #personnalites

BIOGRAPHIE

 

 

Fatima Cherfa-Turpin, née Fatima Cherfa (dite SONIA) le 12 Août 1971 à Tikobain (Daira de Ouaguenoun, Wilaya de Tizi-Ouzou), de parents Mohamed Cherfa né en 1947 et Dahbia Cherifi née en 1955, mariée le 3 Juillet 2010 à Mr Laurent-Marc ( Marcel, dit Marc-Laurent Turpin, Comte de Gavre, d'Orchenghem et Morhem) TURPIN, à la Mairie de Compans en Seine et Marne 77290, à proximité de l'aéroport de Roissy, mariage célébré par Monsieur le maire Joël Marion. Ainsi donc, Fatima Cherfa est Comtesse de Gavre par le mariage avec Marc-Laurent TURPIN.

 

 

Arrivée en France il y a 10 ans, Fatima Cherfa-Turpin met à profit sa formation en anthropologie juridique pour voler au secours de la femme en Algérie. A L'age de 39 ans, elle publiait en octobre 2010 La condition de la femme rurale en Kabylie aux éditions Apopsix.

 

 

 

Yellis Nath Wagnun SONIA CHERFA -TURPIN est Diplômée de l'Université Sorbonne Paris-1, Fatima CHERFA-TURPIN travaille depuis près de dix ans sur les Cultures du monde et le statut de la femme au sein des sociétés traditionnelles dans le contexte anthropo-juridique. Parallèlement à sa méthode de réflexion initiée par le Laboratoire d'Anthropologie juridique (Sorbonne) qu'elle expose dans ses ouvrages, l'auteure poursuit sur le terrain en Afrique du Nord, une investigation de fond à travers des films documentaires ethnologiques.

 

 

Après une formation dans une école de management en Algérie, elle a travaillé comme chargée d'études marketing dans une entreprise de textile à Tizi-Ouzou. C'est ainsi qu'elle est devenue médiatrice pour ces collègues femmes de l'atelier. Elle les a aidée à régler leurs problèmes sociaux, familiaux et conjugaux et elle a plaidé leur cause auprès d'avocats, de magistrats ou d'huissiers. Confrontée au poids de la coutume en Algérie, elle a décidé de s 'installer en France où elle a repris des études d'anthropologie avant de retourner sur le terrain, en Kabylie pour travailler sur des sujets comme le jeûne, le mariage, les femmes, l'artisanat. La rencontre de ces femmes kabyles lui a donné envie de travailler sur les violences et les discriminations faites aux femmes. La femme kabyle rurale a la réputation d'être la plus émancipée des femmes algériennes. C'est au contraire une minorité, une tranche de population opprimée, isolée, marginalisée par rapport aux autres femmes algériennes. Elle a donc écrit son livre car elle avait envie de les sortir de ce cliché sclérosé mais aussi de leur donner le statut qui leur revient à l'échelle historique et juridique. Elle vient au secours de ces femmes livrées à elles-mêmes sur le plan juridique. Elle les informe, les oriente, leur recommande des gens, fais appel à des avocats pour qu'ils les renseignent sans leur extirper des honoraires.

 

Aujourd'hui, elle interviens en tant que juriste dans un cabinet d'avocats et poursuis en parallèle sa thèse de doctorat sur la protection pénale de la femme en Algérie au regard du droit international public. Elle avait souhaité de venir en aide a ces femmes qui n'ont guerre les moyens de payer les honoraires d'avocats et de les guider dans la quête de leurs droits. Ce n'est pas comme ça que je serai riche, disait elle, mais la véritable richesse, c'est de contribuer au bonheur des autres. En occident, c'est l'évolution du droit qui apporte le progrès. En Algérie, la loi est archaïque. Même si la femme s'émancipe, il y a toujours un moment où la législation l'empêchera d'avancer. Pour changer les mentalités, il faut changer les lois.

 

En France, il a fallu des événements historiques pour que les revendications juridiques des femmes soient satisfaites. Mais le problème des violences conjugales reste encore à résoudre. Tous les deux jours et demi, il y a une femme qui meurt des suites de violences conjugales. L'évolution du droit a ses limites. Je ne pense pas que l'enfermement ou le durcissement des lois soit la solution pour éradiquer ce genre de comportement. C'est avant tout un problème pathologique. Ces gens doivent être soignés.

Son combat touche la femme traditionnelle que le pouvoir institutionnel a mis de côté dans le monde entier. Elle parle pour toutes les femmes rurales du monde.

« Les révolutions actuelles ainsi que les mouvements féministes sont porteurs d'espoir pour les femmes »

À l'échelle du droit international, il faut arrêter de rendre des rapports bidons, de ratifier des traités qui ne le sont pas dans les faits, à l'instar du rapport positif de la commission de la Condition de la femme des Nations Unies en Algérie. Ces dits rapports doivent êtres plus objectifs, qu'ils soient basés sur des visites de terrain, ce qui revient donc a dire que personne n'accepte de jouer la carte de la transparence. Chacun a peur pour ses intérêts. Tous les pays occidentaux mangent dans la même assiette. Ce n'est pas la France, l'Allemagne, les états-Unis qui vont dénoncer les violences perpétrées en Algérie. Les femmes algériennes s'émancipent malgré elles grâce à la mondialisation, à l'ouverture économique, aux paraboles. Les révolutions actuelles dans les pays du Maghreb sont porteuses d'espoir pour la situation des femmes à condition que les islamistes ne reprennent pas le pouvoir. Ces gens a l'esprit et a leur doctrine rétrograde qui ont mis l’Algérie à feu et à sang ne doivent plus détenir un quelconque pouvoir. En Algérie, pays où l'islam est une religion d'état, les femmes kabyles se sont battues pour faire valoir la laïcité . Elles ont refusé le port du voile. Pourquoi donc vouloir défendre la femme voilée en France, sur une terre chrétienne. Porter le voile n'est ni une question de choix, ni un élément identitaire. Elle disait : "La femme voilée ne me représente pas. Je suis Algérienne, mais ça ne veut pas dire que je suis une musulmane. Je peux très bien être d'obédience musulmane, croyante et pratiquante sans afficher de signe ostentatoire sur mon corps."

Source : http://100pour100culture.com/2010/11/interview-fatima-cherfa-turpin-auteur-de- la-condition-juridique-de-la-femme-rurale-kabyle/

Interview parue également sur :

REGARDS, Le journal de La Courneuve N°329 du jeudi 24 février au mercredi 9 mars 2011 sous le titre:

Fatima Cherfa-Turpin, chercheuse en anthropologie du droit
« En Algérie, la loi est archaïque »

100 pour 100 culture et REGARDS, Le journal de La Courneuve N°329

entre les lignes avec sonia cheurfa turpin sur Bèrbère TV

Fatima Cherfa-Turpin

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